À propos

L’origine du jeu …

En 2009, je participe à une formation sur les typologies de comportements. J’éprouve des difficultés à les mémoriser et pour m’y aider, je créé un jeu mais rien n’y fait, je n’y arrive pas!

En réalité, je suis mal à l’aise avec ces catégories car, si je suis honnête avec moi-même, je me reconnais dans tous les comportements. Dois-je donc être étiquetée d’hystérique ou de borderline pour ne citer que ces deux exemples ?

Mon intuition me fait croire plutôt que tous les comportements existent en moi. Et pour expliquer cette pensée complexe, je fais souvent un geste avec mes bras, tel un balancier de funambule afin d’illustrer qu’ils sont tous potentiellement accessibles selon les situations.

Il est assez stérile d’étiqueter les gens et de les presser dans des catégories.

Carl Gustav Jung

Très naturellement, L’Homme Funambule s’impose à moi comme métaphore de l’être humain, seul sur le fil de sa vie, avançant grâce au mouvement de son balancier en quête de son équilibre, de son élan vital. Mon idée initiale visant à mémoriser les typologies évolue vers la création d’un jeu où les personnes vont, par elles-mêmes et en conscience, être attentives à leurs propres comportements.

L’objectif principal s’est assez vite dessiné : Prendre plaisir à se connaître

J’ai donc imaginé un chemin à emprunter par les joueurs, des cases par où s’arrêter et deux dés pour avancer.

La première maquette a été réalisée en repeignant en beige clair un ancien scrabble pour enfants et en y dessinant dessus deux carrés s’entrecroisant. J’y ai positionné 64 cases comme les différentes combinaisons du Yi King avec cinq sortes de couleurs pour piocher les cartes correspondantes : les cartes soleil pour les comportements, les cartes bâton de chaman pour les exercices de conscientisation et les cartes pierres pour les questions à poser à la sagesse du vivant (ancêtres ou contemporains ayant partagé leurs pensées sur la Vie).

Tout était fait main. Et de son crayon, mon fils Charly a dessiné le funambule qui m’accompagne depuis lors.

Cette période est également le début de mon cheminement dans les soins énergétiques et la pratique chamanique. Je viens de relire « Les 7 plumes de l’Aigle » co-écrit par Henri Gougoud et Luis Ansa et ma tête, fatiguée, se sent attirée par une démarche proche du langage du cœur…

En présentant l’idée de jeu et la première maquette, Michel Dujeux, un ami et collègue, me fait remarquer que la représentation en carré est le reflet de mon mental. Il me propose de me laisser inspirer par le cercle.

J’écoute son conseil et je me sens invitée à me relier au monde, à la sagesse des directions cardinales, au mouvement du souffle et des énergies.

Si l’Homme Funambule est toujours seul sur le fil de sa vie, il commence à ressentir les liens l’unissant aux autres, à la Terre et au Ciel. De nouvelles cartes voient le jour : celles des Directions.

Je ne sais plus très bien qui inspire qui, le jeu ou moi. Je pense que nous avons grandi côte à côte en nous inspirant mutuellement.

L’enseignement de Gertrude Croé, de Claude et Noëlle Poncelet ainsi que de Jan Janssen au sein de Tetra me permet d’avancer, pas à pas, en toute intégrité.

Janvier 2016, je me sens prête à faire connaître le jeu.

Mon ami Savas Eustachiades réalise la boîte comprenant le plateau et les cartes, le tout agencé de manière très astucieuse.

J’imagine organiser un crowdfunding afin de susciter l’intérêt des personnes et que la fabrication du jeu se fasse dans un esprit de partage et non un esprit commercial.

Rêver seul ne reste qu’un rêve.

Rêver ensemble devient la réalité

John Lennon

J’organise une grande fête pour remercier toutes les personnes ayant contribué à l’évolution du jeu et leur permettre d’apprécier son développement final en participant à une partie « grandeur nature ».

Cet événement m’a procuré une profonde joie et en même temps j’ai ressenti les limites du jeu : il lui manquait une certaine fluidité. J’ai pris conscience qu’il me fallait enlever tout le superflu encombrant mon esprit pour que le jeu soit une partie de plaisir et non un catalogue de tout ce que j’avais appris.

La Vie me met à l’épreuve afin que j’apprenne à lâcher le contrôle et à lui faire confiance justement.

En Novembre 2016, mon fils Charly décède alors qu’il vient à peine d’emménager dans l’appartement qu’il désirait depuis si longtemps. Ma tête explose en mille morceaux alors que, paradoxalement, mon cœur reste serein, en lien avec lui.

Quelques semaines après ce choc, je sens que Charly m’invite à dépasser mes peurs, à croire en mes projets et à les décliner, en premier lieu, sous forme d’un livre concernant la recherche d’emploi.

Chaque mot retrouvé, chaque phrase écrite, est comme une pièce du puzzle reconstituant mon esprit. Pour l’apaiser, je marche aussi et respire de longues heures tous les jours dans le parc Josaphat. En y arpentant ses allées, je me sens imprégnée des enseignements tant du monde minéral, végétal qu’animal.

Avec le recul, je me rends compte que le décès de mon fils, le travail d’écriture et le lien privilégié avec la Nature m’ont ouvert le cœur, dans tous les sens du terme.

J’ai osé exprimer ma vulnérabilité, demander de l’aide et me dépouiller de tout ce qui m’encombrait…enfin, presque…disons plutôt, j’ai initié le mouvement… 

C’est tout de même le cœur ouvert et l’esprit allégé que je recommence, fin 2019, à retravailler le contenu du jeu. Je sens que je lui laisse de l’espace afin qu’il exprime sa profondeur intrinsèque :  je me rapproche enfin du message reçu lors d’un rêve en 2014 :

La méthode est en elle !

En août 2020, Luc, mon compagnon m’offre un beau cadeau : l’intégration des dessins de Charly au cœur des cartes à jouer.

Même si c’était mon désir depuis son décès, j’avais peur d’être confrontée trop vite, trop fort à ce lien intime.

J’avais trouvé mille et une bonnes raisons pour continuer à fabriquer mes cartes à la main. Luc m’initie au logiciel Scribus, créé les formats de page et ensemble, nous réalisons un prototype professionnel. Mon rapport au jeu en est totalement transformé. Je ressens une légèreté toute particulière. Je savoure le plaisir qui palpite dans mon cœur.

Cependant, je suis consciente qu’il y a en moi une tendance à garder le projet en perpétuelle amélioration, à avoir du mal à le lâcher pour qu’il vive sa propre vie.

Il me faut le soutien d’un professionnel afin d’aller jusqu’au bout de ce rêve. Je le trouve auprès de Vincent Sélenne, directeur de Art of Games qui accepte de me conseiller et de revoir avec moi la mécanique du jeu.

Il me suggère d’abandonner les dés et le plateau pour imaginer un mouvement où les joueurs sont amenés à créer ensemble le plateau de jeu, en un dessin qui représente l’harmonie du groupe.

L’idée de Vincent me plait. J’ai l’intime conviction qu’il a trouvé ce qui va créer l’atmosphère fluide que je recherche et la reconnaissance du lien d’attachement, ce lien à l’autre qui perdure bien au-delà de l’enfance et qui fonde, à mon sens, notre équilibre personnel.

Je suis pourtant face à un nouveau dilemme : comment concrétiser cette idée ? Un livre[1], en l’ouvrant au « hasard » tout en posant la même question, me donne une piste à suivre : celle des peintures aborigènes d’Australie et une phrase merveilleuse : Nous sommes les rêves de nos ancêtres mythiques

Je retrouve mes pots de peinture et je me laisse inspirer. Je me sens traversée par plus grand que moi, les idées coulent avec justesse, sans effort.

Un nouveau prototype voit le jour en même temps que la nouvelle année. Je le teste avec des ami.e.s, des proches et Vincent Sélenne. Toutes leurs bonnes idées réunies et quelques nuits blanches invitent l’esprit du jeu à s’exprimer librement.  Wendy, la graphiste de Art of Games, comprend à demi-mots tout l’univers du jeu et en mai 2021, la première phase de fabrication de L’Homme Funambule est lancée !

En écrivant ces derniers mots, je me mets à imaginer le futur, vous qui tenez le jeu en main. Cette image m’enthousiasme et mon vœu le plus cher est que vous preniez réellement du plaisir à jouer avec L’Homme Funambule !

Alors n’hésitez pas à me dire comment vous avez vécu cette première partie ! Et les suivantes également ! Je serai très heureuse de lire vos témoignages !

Dans le futur également, j’ai le projet que le jeu puisse s’enrichir d’extensions réalisées par d’autres jeunes artistes, qu’il soit le tremplin à leur créativité, à l’expression de qui ils sont…car c’est cela être L’Homme Funambule :

Exprimer la Vie qui coule en nous !


[1] Le Cercle des Anciens de Patrice Van Eersel et Alain Grosrey – page 167-168

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